ANAC : la gestion du DG décriée

Publié le 12/10/2012
L’aéroport international Cardinal Bernadin Gantin de Cotonou ne se porte pas bien depuis quelques temps. Selon nos investigations, la plupart de ses problèmes émanent de l’Agence nationale de l’aviation civile(Anac). Son Dg Aristide de Souza, retraité depuis Octobre 2011 est toujours en poste.

Et ceci en dépit d’une gestion fortement désapprouvée à l’interne et dont les résultats sont jugés trop insuffisants par les divers audits.

Elle a pourtant bonne mine notre Agence nationale de l’aviation civile(Anac). Implantée aux encablures de l’aéroport de Cotonou, rien dans l’apparence ne donne la preuve de l’ambiance délétère qui y règne. Une ambiance de travail qui est la source première de tous les autres problèmes de l’agence. Et il suffit de discuter avec des agents anonymes pour s’en convaincre. Mauvaise gestion des ressources humaines, financières et matérielles, favoritisme, absence de motivation, non respect des textes…sont des griefs qui reviennent souvent et qui accablent le DG. Il revient souvent que les recrutements dans cette agence se font à la tête du client. Les plus chanceux seraient ceux qui portent un certain patronyme ou qui ont des liens d’affiliation indirecte ou d’alliance avec une certaine famille. Ces recrutements ne respectent pas non plus les profils techniques. La plupart des cadres techniques du domaine de l’aviation sont délaissés au profit des jeunes recrues qui font allégeance au Dg. Pour comprendre tout cela, nous avons pris rendez-vous pour rencontrer le Dg. Après plusieurs tergiversations, il a fini par nous recevoir le mardi 09 Octobre dans son bureau. Au cours de cet entretien, le Dg réfute toutes les accusations qui, selon lui émaneraient de ses détracteurs qui sont minoritaires dans la maison et qui n’ont pour seuls soucis que de prendre le poste de Dg pour perpétuer leur réseau de magouille et de corruption. Combien de De Souza avez-vous recrutés ? « Deux, répond-t-il, et c’est sur la base de leur compétence ». Il ajoutera aussi que c’est un cabinet qui s’en occupe et dont il n’a pu nous dire le nom. Selon nos investigations, il y en a plus. L’une de ses recrues, dont la mère est De Souza ferait d’ailleurs partie de ces pourfendeurs et passerait de bureau en bureau pour déplorer sa gestion. Sur les compétences, le Dg affirme qu’il est dans une approche de formation sur le tard et que la plupart des cadres techniques ont été formés après leur recrutement. Et pourquoi s’accroche-t-il au poste alors qu’il est retraité, lui demande-t-on ? « Non, s’en défend le Dg, moi je suis prêt à partir à tout moment ». A-t-il un contrat ? « Non, je n’ai pas de contrat avec quelqu’un », rétorque-t-il. Ajoutant ironiquement que c’est le Chef de l’Etat qui lui a dit de rester là pour que l’agence ne tombe pas dans les mains des ‘‘petits’’. Oui, les petits. Le Dg en a parlé longuement. Selon lui, ce sont ceux là qui passent leur temps à le vilipender alors que lui s’évertue à améliorer leurs conditions de vie et de travail. « Tout le monde a un bureau et un ordinaire ici. J’ai mon Ca (Conseil d’administration) demain (mercredi dernier Ndlr) et je viens de discuter avec les gens pour qu’on leur accorde des primes », confie le Dg. Il se vante aussi du projet de la Banque mondiale qu’il a négocié personnellement et qui a permis d’équiper l’aéroport en matériels de vidéosurveillance et en cartes du Bénin. Le projet a permis de financer le renforcement des capacités des travailleurs. Et même si le Dg n’est pas trop tendre avec son coordonnateur, il aura réussi à apporter beaucoup à l’agence.

Et pourtant…

Curieusement, ce même mardi au cours d’une formation, des travailleurs de l’agence ont, au cours d’un brainstorming relevé les problèmes qui bloquent le développement de l’agence. Lignes budgétaires fantaisistes, mauvaise politique de recrutement, mauvaise gestion de l’application des procédures existantes, conflit de générations, mauvaise gestion des ressources humaines, financières et matérielles, non respect des textes existants, prise de décision partisane de la direction, mauvaise politique de recrutement…sont quelques un des obstacles relevés par les travailleurs. En 2007, il y a eu un audit de l’Oaci(Organisation de l’aviation civile internationale) . Soixante et une constatations ont été faites. En Avril dernier, une autre mission a permis de voir le niveau de mise en œuvre de toutes ses réformes. Mais force est de constater que les choses n’ont pas trop évolué, surtout au niveau du système national d’aviation civile et fonctions de supervision de la sécurité. Au niveau de la structure organisationnelle qui a permis de relever beaucoup de défaillances dans la gestion. Au niveau de la structure organisationnelle, l’absence de mise en œuvre des reformes stagne à 75%. Idem pour la délégation d’autorité au personnel de l’agence qui stagne à 100%. Au niveau du processus de recrutement et de dotation de personnel, le rapport note une légère amélioration puisque l’absence de mise en œuvre est passée de 100 à 88%. Au niveau de la gestion des ressources financières, une légère amélioration puisque l’absence de mise en œuvre est passée de 100% en 2007 à 75% en 2012 etc…

Au total, l’Anac de 2007 n’est pas trop différente de celle de 2012. Les travailleurs boudent en silence cette gestion et cette démotivation affecte forcement l’application des normes à l’aéroport de Cotonou. Le Chef de l’Etat qui est entré dans une phase d’assainissement de la gestion des sociétés d’Etat doit regarder aussi de ce côté pour le bonheur de l’Anac et de l’aéroport de Cotonou.

La Tribune : http://www.lanouvelletribune.info/index.php/actualite/une/12438-agence-nationale-de-l-aviation-civile-la-gestion-du-dg-decriee
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